La Guinée a franchi un cap symbolique ce mercredi. Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a officiellement lancé les Olympiades des Métiers de Guinée 2026, sous un thème: « Le pouvoir des métiers : révéler les talents, promouvoir l’excellence ».
Fini le temps où les filières techniques étaient reléguées en bas de l’échelle. Avec cette initiative, Conakry envoie un signal fort : les métiers sont désormais au cœur du projet national. Loin d’un simple concours, ces Olympiades incarnent une stratégie de rupture, celle d’un pays déterminé à faire de la formation professionnelle un levier réel de création de richesse, d’innovation et d’inclusion économique. La cérémonie d’ouverture a pris une dimension sous-régionale avec la présence de la ministre malienne de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Le Mali, pays invité d’honneur, est venu sceller une convergence de vues entre Bamako et Conakry : la formation technique n’est plus une option, c’est un pilier.
Dans son discours, le ministre Alpha Bacar Barry a été direct : « Il ne s’agit plus seulement de former, mais de former utile, compétitif et immédiatement mobilisable sur le marché du travail. » Une formule qui résume toute l’ambition des autorités : rapprocher enfin les bancs de l’école des réalités de l’économie.

Sur le terrain, des acteurs privés ont déjà pris les devants. Samba Camara, Directeur Général de Prima Service, représentant exclusif de Festo en Guinée, était présent à la cérémonie avec une feuille de route claire. Fort de plus de trois ans de partenariat avec Festo et de projets menés aux côtés de géants comme la CBG, la GAC ou Rio Tinto, Prima Service entend aujourd’hui jouer un rôle central dans l’écosystème de la formation technique guinéenne.
« Nous voulons être le point focal entre Festo et nos partenaires de l’éducation et de l’industrie ici en Guinée », affirme-t-il. Concrètement, l’entreprise s’engage à intensifier sa collaboration avec les acteurs éducatifs pour opérationnaliser le curriculum mécatronique au sein de l’enseignement technique et préparer, dès aujourd’hui, les experts et coachs qui encadreront les futurs compétiteurs guinéens aux Olympiades. Un projet de centre de formation aux métiers de l’aluminium, en cours de mise en place avec Alteo, illustre déjà cette ambition.

C’est précisément sur ce terrain que Festo s’est positionné. Invité par le ministère de l’Enseignement technique, Angora Aman, Responsable Afrique Francophone chez Festo Didactic, rappelle que la Guinée s’est engagée dans le mouvement WorldSkills dès 2022, avec la volonté affichée de promouvoir les nouveaux métiers, à commencer par la mécatronique.
« Notre contribution, c’est de faire comprendre ce métier ici en Guinée, préparer les experts mécatroniques et les futurs champions qui porteront le message que ces nouveaux métiers sont déjà accessibles », explique-t-il. L’enjeu est aussi économique : les industries qui s’intéressent à la Guinée ont un besoin réel de compétitivité, et cette compétitivité se construit sur la qualification des hommes et des femmes qui les font tourner.
La référence au projet Simandou, ce chantier titanesque appelé à transformer le pays prend ici tout son sens. « Nous voulons donner l’opportunité à tous les Guinéens d’être fiers d’avoir construit ce projet avec des compétences locales », souligne Angora Aman. Un message fort : la Guinée peut devenir le premier pays minier d’Afrique à développer son système industriel en s’appuyant sur ses propres talents.

Les discours trouvent leur écho le plus concret chez ceux qui vivent la formation de l’intérieur. Alpha Oumar Barry, participant aux Olympiades, ne cache pas son enthousiasme. Pour ce jeune Guinéen, la découverte de l’univers Festo Didactic a été une révélation.
« Nous avons découvert ici le concept d’industrie 4.0 et son évolution. C’est vraiment le prochain pas pour notre pays, la direction vers laquelle nous devons aller pour atteindre le sommet », confie-t-il. Ce qui l’a particulièrement frappé, ce sont les Meclaps ces simulateurs haute technologie qui reproduisent fidèlement le fonctionnement des grandes machines utilisées dans les industries les plus avancées du monde. « C’est une opportunité extraordinaire d’être là et de suivre cette formation », dit-il, avec la conviction de quelqu’un qui voit s’ouvrir devant lui un horizon nouveau.
Ces Olympiades se veulent à la fois vitrine des savoir-faire guinéens et baromètre des compétences à l’échelle internationale. Pour les jeunes talents, c’est une scène inédite pour se montrer, se faire reconnaître, et se projeter. Pour le pays, c’est un investissement dans son capital humain, seul socle crédible d’une transformation structurelle durable.
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